

Soutenez le Syndicat des chômeurs
et chômeuses en Irak
Union of Unemployed in Iraq - UUI
Nous publions ci-dessous un appel de l'UUI. Parmi les quelques initiatives
prises par la société civile en Irak, le développement
d'un syndicat des chômeurs et chômeuses apparaît
comme une parmi celles qui exigent un soutien effectif de la part
de toutes celles et de tous ceux qui, au début de l'année
2003, ont manifesté contre la guerre américano-britannique
contre l'Irak et qui, aujourd'hui, revendiquent la fin de l'occupation
de l'Irak et le respect du droit à l'autodétermination
du peuple irakien dans ses diverses composantes. - Coalition contre
la guerre et l'occupation de l'Irak - Vaud, 27 septembre 2003
Face à l'extension massive du chômage, aux privations,
à la faim et à l'indifférence de l'administration
civile des Etats-Unis [placée sous la direction de Paul Bremer]
envers les difficultés rencontrées par la population
en Irak, le 1er mai 2003, un groupe de syndicalistes ont fondé
le Syndicat des chômeurs et chômeuses en Irak (UUI). Plus
de 130000 personnes au chômage ont rejoint les rangs de l'UUI
et ceux-ci augmentent très rapidement. L'UUI a ouvert des bureaux
dans plusieurs villes importantes d'Irak, parmi lesquelles Bagdad,
Nassiriya et Kirkouk. Le Syndicat des chômeurs et chômeuses
en Irak revendique:
des emplois ou le versement de 100 dollars par mois en tant
qu'allocations pour toutes les personnes au chômage;
le droit de l'UUI à participer à la distribution
de l'aide humanitaire qui arrive en Irak;
le droit de l'UUI à participer à l'allocation
des emplois qui sont créés en Irak;
la reconnaissance officielle de l'UUI par l'administration
civile américaine en tant qu'organe représentatif des
personnes au chômage en Irak.
L'UUI a organisé de nombreuses démonstrations pour faire
avancer ses revendications et pour attirer l'attention sur la situation
critique de millions de travailleurs et travailleurs qui ont perdu
leur emploi suite à la guerre des Etats-Unis contre l'Irak.
Parmi ces manifestations, on peut relever: un rassemblement de plusieurs
milliers de personnes à Kirkouk le 12 juin; de 7000 à
Nassiriya le 3 juillet (cette manifestation a été attaquée
par des groupes islamistes); des milliers à Bagdad le même
3 juillet.
Après trois mois de mobilisation régulière de
protestation et d'une série de négociations avec l'administration
civile des Etats-Unis, l'UUI décide d'organiser un sit-in permanent,
dans la mesure où les autorités américaines traînaient
les pieds.
29 juillet 2003, Bagdad. L'UUI organise une manifestation de quelque
1000 personnes qui se dirigent vers l'ancien palais présidentiel
de Saddam Hussein où siège, aujourd'hui, l'administration
civile américaine. Les manifestants réclament une allocation
de 100 dollars pour chaque personne au chômage. Puis s'organise
un sit-in en face du palais.
30 juillet 2003, Bagdad. Les forces militaires américaines
attaquent les manifestants qui sont assis pacifiquement devant le
palais et arrêtent Quasim Haadi, le président de l'UUI,
et 18 autres membres du syndicat. Les forces américaines molestent
et battent les personnes arrêtées. Commence alors une
nouvelle négociation avec l'administration civile. Lors de
la première réunion, les représentants du Syndicat
des chômeurs mettent l'accent sur la libération immédiate
de toutes les personnes arrêtées, sur le droit de pouvoir
manifester sans entraves et sans subir de coercition de la part des
forces américaines. De plus, ils demandent des assurances que
leurs revendications soient satisfaites. Le même jour, les Américains
relâchent toutes les personnes détenues.
2 août 2003. Les forces américaines arrêtent à
nouveau Quasim Haadi et 50 autres membres de l'UUI, dans une tentative
de mettre fin au sit-in. Sous la pression des protestations locales
et internationales, les forces américaines relâchent
les détenus.
7 août 2003. Le dixième jour du sit-in devant les bureaux
de l'administration civile américaine à Bagdad, l'UUI
organise une autre manifestation, à laquelle participent des
centaines de personnes. La délégation de l'UUI, lors
d'une nouvelle rencontre avec l'administration, demande que l'organisation
des chômeurs et chômeuses puisse jouer un rôle significatif
dans la répartition des 300000 emplois que les Etats-Unis ont
promis de créer dans l'ensemble du pays jusqu'à la fin
du mois d'août. La délégation de l'UUI a aussi
demandé que lui soit attribuée une fonction dans la
distribution de l'aide humanitaire [les chômeurs et chômeuses
étant particulièrement affectés par la perte
de tout revenu et allocation de nourriture]. Les autorités
américaines ont promis d'étudier les revendications
et de répondre à la direction de l'UUI le 13 août.
Le 12 août 2003, afin d'augmenter la pression sur l'administration
américaine, l'UUI organise un rassemblement devant les bureaux
de l'administration américaine. La réponse de cette
dernière restant absolument vague - et aucune échéance
n'étant fixée -, la direction de l'UUI a décidé
d'arrêter toute négociation avec l'autorité américaine
et d'accroître la mobilisation.
23 août 2003. L'UUI organise une autre manifestation à
laquelle participent des centaines d'hommes et de femmes. Pendant
ce temps, le sit-in, commencé le 29 juillet, continue.
Le 13 septembre 2003, l'UUI met fin à la grève sit-in
qui a duré 45 jours à Bagdad. A cette occasion a été
organisée une action à laquelle participèrent
des centaines de membres du syndicat, des représentants d'organisations
humanitaires et de forces politiques. Concerts de musique irakienne
et pièces de théâtre accompagnèrent cette
manifestation.
Le combat de l'UUI en Irak a besoin du soutien et de la solidarité
de toute personne, à l'échelle internationale, prête
à défendre les droits individuels et sociaux des femmes
et des hommes d'Irak. L'UUI appelle toutes les organisations de défense
des droits de la personne humaine, les organisations syndicales et
chacun et chacune d'engager une campagne de pression sur les autorités
américaines afin qu'elles donnent une réponse positive
aux revendications de l'UUI, afin qu'elles ne répriment plus
le combat de ce syndicat et qu'elles respectent le droit du peuple
d'Irak d'établir son propre régime politique. Pour cela,
des lettres de protestation peuvent être envoyées à
l'administration civile américaine en Irak. L'UUI demande aussi
que des messages de soutien lui soient envoyés et qu'une aide
matérielle soit faite au mouvement des chômeurs et chômeuses
en Irak.
Contact :
Aso Jabbar, Representative of UUI abroad
tél. 078/882 55 89,
e-mail: asojabbar@yahoo.com,
adresse: Aso Jabbar, cp 325, CH-3000 Berne 11